15 septembre 2026 · Le studio

Pourquoi CHAPS a choisi d’innover
Vingt ans d’expérience dans un studio indépendant nous ont conduits à repenser sa manière de fonctionner. Aujourd’hui, cette réflexion prend forme dans une nouvelle plateforme, conçue pour CHAPS et, je l’espère, pour d’autres studios qui partagent les mêmes exigences.
CHAPS existe depuis 2006. Si le studio est encore là aujourd’hui, c’est d’abord grâce à vous.
Faire vivre un studio indépendant, artisanal et exigeant quant à la qualité de l’enseignement repose sur un équilibre précaire. Les charges sont importantes, les tâches nombreuses et, peu à peu, le temps consacré à ce qui compte le plus — la relation humaine, l’accompagnement et la transmission — se trouve grignoté par des tâches chronophages.
La nouvelle plateforme a été pensée pour réduire considérablement la charge mentale du quotidien, mais aussi certaines charges financières. Ce n’est pas seulement un nouvel outil numérique : c’est une manière de mieux répartir les tâches et les responsabilités, pour que chacun puisse retrouver du temps et de l’énergie pour ce qui compte.
Un secteur exigeant, avec peu de marge de manœuvre
Les petits studios doivent composer avec de nombreuses charges et des contraintes difficiles à concilier avec un modèle économique fragile. Il faut financer un lieu, l’entretenir et l’équiper, organiser les plannings, suivre les réservations et les paiements, gérer les annulations et les remplacements, communiquer avec les élèves et veiller à l’équilibre économique.
Les professeurs sont souvent de très bons pédagogues, passionnés par leur pratique et attentifs à leurs élèves. Mais enseigner ne suffit pas toujours à faire vivre une activité indépendante. Il faut aussi trouver des élèves, faire connaître ses cours, organiser son emploi du temps, fixer ses tarifs et traverser les périodes plus creuses.
À ces tâches s’ajoutent les charges et les obligations qui pèsent sur les petites structures. La question de la TVA en fait partie. Depuis quinze ans, la Fédération des Professionnels de la Méthode Pilates porte auprès des pouvoirs publics la revendication d’une diminution de la TVA applicable à ces activités. Cette demande dit quelque chose de la fragilité économique de nombreux professionnels : il faut trouver un équilibre entre le prix payé par les élèves, la rémunération des professeurs et les ressources nécessaires au fonctionnement des studios.
Je salue le travail mené par la Fédération. Mais les studios indépendants sont dispersés, peu nombreux à l’échelle de l’économie et rarement représentés par de grandes organisations. Leurs difficultés peinent à être entendues.
Nous ne pouvons pas attendre que toutes les difficultés du secteur soient résolues de l’extérieur. Cela ne veut pas dire qu’un outil numérique peut effacer les charges ou remplacer une évolution de la réglementation. Mais nous pouvons chercher à alléger certaines dépenses, les tâches répétitives et la charge mentale qui pèse sur les petites équipes. Nous pouvons aussi mieux partager le travail et les responsabilités entre les personnes qui font vivre un cours.
Une idée née du quotidien de CHAPS
L’idée de FLOWR n’est pas née d’une étude théorique sur les studios. Elle est née de CHAPS : des plannings à faire tenir, des cours à remplir, des paiements à suivre, des élèves à accompagner, des professeurs à soutenir et des imprévus à gérer.
Au fil des années, j’ai constaté que les outils disponibles répondaient souvent à une partie du problème, mais pas toujours à la réalité complète d’un studio indépendant.
Un modèle conçu pour alléger les charges financières et mentales
FLOWR a été conçu pour ouvrir une perspective de diminution de certaines charges fiscales pour le studio, tout en allégeant la gestion quotidienne et la charge mentale qui pèse sur les petites équipes. C’est un point important du modèle. Son fonctionnement a été étudié et validé juridiquement il y a plus d’un an, avant sa mise en place.
Je ne vais pas détailler ici toute l’architecture juridique et comptable. Vous pourrez retrouver les précisions utiles dans nos conditions générales de vente. Ce travail préalable était indispensable : nous ne voulions pas simplement adapter un logiciel existant, mais imaginer un fonctionnement différent, adapté à la réalité des studios indépendants et des professeurs qui y travaillent main dans la main.
Une durée de validité pensée comme un délai juste
À CHAPS, comme vous le savez, les achats sont valables deux ans depuis janvier 2025. C’est une durée longue, qui laisse à chacun le temps de traverser les aléas de la vie et de venir pratiquer à son rythme.
Une cliente m’a dit un jour : « Si je n’ai pas réussi à venir au bout de deux ans, franchement, vous pouvez garder l’argent. C’est juste. » Sa remarque m’a touchée. Elle exprimait avec simplicité ce que je recherche : une règle compréhensible, qui laisse beaucoup de temps aux élèves et ne transforme pas une formule en piège.
Les abonnements peuvent aider à s’engager et à pratiquer régulièrement. La régularité est importante pour progresser et prendre soin de soi. Mais beaucoup d’entre nous ont aussi perdu de l’argent avec des formules de fitness parce que nous n’avions pas pu venir avant leur expiration. Nous avons déjà suffisamment d’échéances et de dates limites dans notre quotidien.
Je me suis aussi posé une question très simple : si l’équilibre financier d’un studio dépend en partie du fait que des élèves n’utilisent pas les séances qu’ils ont payées, est-ce vraiment le modèle que je veux défendre ?
La réponse est clairement non. J’ai donc osé innover, en faisant confiance à un modèle plus juste qui doit encore émerger, malgré les tensions économiques.
Une première version qui ne répondait pas suffisamment au besoin
Nous avons réalisé une première version de la plateforme l’année dernière. Cette étape nous a permis d’avancer, mais le résultat ne nous donnait pas satisfaction. Il a fallu reprendre le travail, « from scratch », comme disent les développeurs, préciser ce qui manquait et revoir la manière de construire le produit.
Une plateforme construite pour évoluer avec celles et ceux qui l’utilisent
La plateforme que nous lançons aujourd’hui est le fruit de ce cheminement. Mais le lancement n’est pas un point final. Ce n’est que le début de l’aventure ! Nous allons continuer à faire évoluer l’outil à partir de son utilisation réelle, ici, à CHAPS. Les retours des élèves et des professeurs nous aideront à repérer ce qui fonctionne et ce qui doit encore être amélioré.
Faire de l’expérience une ressource partagée
Si nous avons entrepris ce travail, c’est d’abord pour CHAPS. Mais j’espère que cette expérience pourra servir à d’autres studios indépendants, artisanaux et familiaux, qui choisissent de rester exigeants sur la qualité de l’enseignement et la relation avec leurs élèves.
Ces structures ne cherchent pas nécessairement à devenir de grandes chaînes. Elles veulent continuer à transmettre, à bien accueillir, à rémunérer justement les professionnels et à préserver une manière singulière d’enseigner. Elles ont besoin d’outils adaptés à leur taille et à leur façon de travailler.
Merci aux élèves qui nous accompagnent dans cette nouvelle étape. Merci aux professeurs qui font vivre CHAPS. Et merci à toutes celles et ceux qui nous font confiance depuis vingt ans ou qui nous rejoignent aujourd’hui.
CHAPS a choisi d’innover pour continuer à faire vivre ce qui compte : la qualité, la liberté, la transmission et le lien humain.

Camille Cousin-Pégorier
Fondatrice du studio CHAPS